L'histoire du fiasco du véhicule électrique de FERRARI est un petit séisme dans le monde de l'automobile de luxe. Elle illustre la difficulté pour une marque légendaire de négocier son passage à l'électrique.
1. Le déclencheur : Le lancement polémique de la Ferrari « Luce »
En mai 2026, Ferrari a dévoilé en grande pompe la Ferrari Luce, le tout premier modèle 100 % électrique de son histoire. Pour la marque au cheval cabré, historiquement indissociable du vrombissement de ses moteurs thermiques, ce virage technologique était déjà un immense défi.
Mais le lancement a tourné au fiasco d'image :
Un design très critiqué : Le style de la voiture, en partie imaginé avec l'aide de Sir Jony Ive (l'ancien designer star d'Apple), a été jugé trop éloigné des codes traditionnels de Ferrari. L'ancien président emblématique de la marque, Luca Cordero di Montezemolo, a publiquement tiré la sonnette d'alarme, affirmant que ce design risquait de « détruire une légende » et suggérant même (avec ironie) de retirer le logo Ferrari de la carrosserie.
Une polémique sur le prix : Affichée à partir de 550 000 €, cette berline électrique à quatre portes a fait grincer des dents, s'invitant même dans le débat politique italien où le vice-président du Conseil, Matteo Salvini, a critiqué son tarif prohibitif.
Une sanction boursière : Dès le lendemain de la présentation, l'action de Ferrari a lourdement chuté de 8 % en Bourse.
2. La conséquence : Le départ du patron du marketing
Face à ce vent de critiques, Ferrari a annoncé le départ d'Enrico Galliera, le directeur marketing et commercial mondial de la marque. Galliera n'est pas n'importe qui : c'est un pilier historique de la maison qui gérait l'image et les ventes de Ferrari depuis 16 ans.
La version officielle de Ferrari : Le constructeur dément fermement tout lien de cause à effet entre le fiasco de la Luce et ce départ. Selon le PDG Benedetto Vigna, Galliera avait prévu de quitter l'entreprise depuis le début de l'année pour donner une nouvelle orientation à sa carrière, et avait simplement accepté de rester en poste le temps de superviser le lancement de la Luce.
L'interprétation du marché : Malgré ce discours officiel, le timing de cette démission (quelques semaines à peine après le bad buzz) est perçu par beaucoup d'observateurs comme le sacrifice du responsable marketing face à la colère des investisseurs et des puristes de la marque.
3. La riposte : Un recrutement surprise chez le concurrent BMW
Pour remplacer son directeur historique, Ferrari a décidé de casser ses propres habitudes. Au lieu de promouvoir un cadre en interne, la firme de Maranello est allée débaucher un profil extérieur chez un constructeur de masse haut de gamme : Massimiliano Di Silvestre, qui dirigeait BMW Italie depuis 2019.
Quels sont les enjeux pour la suite ?
Le nouveau directeur marketing hérite d'une mission extrêmement lourde à partir du 1er juillet 2026.
- Rassurer et convaincre une clientèle de multimillionnaires (habituée aux moteurs thermiques) qu'une Ferrari électrique à un demi-million d'euros vaut le coup d'œil, alors même que le marché mondial de l'électrique haut de gamme commence à ralentir.
-Faire oublier le faux pas visuel de la Luce en réaffirmant l'identité de la marque.
Ferrari affirme que l'intérêt pour la Luce reste fort, mais le véritable verdict tombera le 30 juillet 2026, lors de la publication des résultats financiers du deuxième trimestre, où l'état réel des commandes sera dévoilé au public.

